Que le temps donne raison aux chefs-d’œuvre – LA LÉGENDE DE LA MONTAGNE de King Hu (1979)

King Hu est relativement connu pour le film hongkongais des Shaw Brothers L’hirondelle d’or. Pourtant, c’est à Taïwan, qu’il a pu développer toute sa puissance en matière de mise en scène : Dragon Inn (1967), huis-clos d’époque où les personnages débordent de charisme ; A touch of zen (1971), fabuleux wu xia pian bouddhiste ; Raining in the mountain (1979), fresque multigenre et la même année, La légende de la montagne, un récit de fantôme.

Pas vraiment un wu xia pian (pas de sabre), pas du tout un kung fu pian, La légende de la montagne montre de magnifiques séquences de combats magiques entourées d’une intrigue et de décors somptueux. Avec ses acteurs fétiches Shih Chun et Hsu Feng (qui a participé à la restauration du film) et tout comme Raining in the mountain, King Hu a donné le meilleur de lui-même pour réaliser des œuvres puissantes, esthétiques, spirituelles, profondément chinoises, mais qui n’ont pas trouver leur public à la sortie du film. Le temps, heureusement, donne raison aux chefs-d’œuvre et La légende de la montagne, bien qu’apprécié d’un petit cercle de cinéphiles seulement, est célébré comme il se doit.

 

Chaque plan de La légende de la montagne est un tableau en soi, tant l’attention portée sur la composition des décors, du placement des acteurs, de la couleur, est grande. La direction d’acteur a toujours été un point fort de la réalisation de King Hu et cela se vérifie encore une fois ici : Hsu Feng est toujours aussi charismatique, à l’instar de tous les autres personnages d’ailleurs. Mais elle rayonne vraiment, à travers son rôle et sa tenue traditionnelle, comme dans Raining in the mountain, qui est très élégante. À ceci près qu’ici, elle joue un personnage quelque peu différent qu’à l’accoutumée, un protagoniste inquiétant et manipulateur. Mais elle est toujours à l’aise. C’est également l’occasion de voir une toute jeune Sylvia Chang.

King Hu a indéniablement contribué à donner ses lettres de noblesse au récit d’époque chinois. La légende de la montagne figure parmi ses plus beaux films, et le voir restauré et disponible chez nous est une chance que nous devons saisir. À une époque où l’attention est portée au profit le plus facile, il est bon de rappeler que des organismes se battent pour la préservation des œuvres et que des éditeurs modestes les rendent accessibles à d’autres cultures.

 

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